DE L’EAU POUR LA PAIX

L’eau est rare, précieuse et ses ressources sont sous pression. Elle traverse les frontières et fait naitre des tensions entre des pays et des peuples qui en ont besoin pour vivre.

Pour ceux qui poursuivent un objectif dechangement équitable et global via la collaboration et le multilatéralisme, ce pour quoi Green Cross s’est engagé, il n’existe aucune alternative aux conventions des Nations Unies pour établir des règles et des standards que les États doivent respecter. Comme l’a dit l’ancien gouverneur du Colorado Bill Ritter, « l’Organisation des Nations Unies a, encore aujourd’hui, les meilleures institutions – nous devons les soutenir et réfléchir plus sérieusement au sens du terme « souveraineté » ».

Green Cross, en particulier, soutient un grand nombre de conventions pertinentes des Nations Unis et appelle les États à les signer, à les ratifier et ensuite à remplir les obligations qui découlent de chacune d’entre elles. Ceci sera non seulement bénéfiques à leurs citoyens, mais également au monde dans son ensemble.

Les revendications du programme Water for Life and Peace (De l’Eau pour la Vie et la Paix) pour la gouvernance des ressources en eau au niveau international se sont jointes à deux traités similaires mais néanmoins complémentaires :

La Convention des Nations Unies sur les cours d’eau (UNWC ou United Nations Water Convention en anglais) – Green Cross fait partie du groupe d’ONG poussant les États qui ne l’ont pas fait à ratifier cette convention, qui a connu une véritable avancée en 2014 lorsque le nombre d’États signataires a atteint la barre de 35 (nombre requis pour son entrée en vigueur). La Convention des Nations Unies sur les cours d’eau établit un cadre pour l’utilisation, le développement, la conservation, la gestion et la protection des cours d’eau internationaux, tout en promouvant une utilisation durable et optimale de ceux-ci pour les générations actuelles et futures, en prenant en compte la situation et les besoins spécifiques des pays en développement.

Cliquez ici pour plus d’informations sur cette Convention.

Le Traité sur les cours d’eau de l’UNECE (Commission économique pour l’Europe des Nations unies) – La Convention sur la protection et l’utilisation des cours d’eau transfrontaliers et les lacs internationaux (Convention sur l’eau) vise à protéger et garantir la quantité, la qualité et l’utilisation durable des ressources en eau transfrontalières en facilitant la coopération. Elle fournit une plateforme intergouvernementale pour le développement au quotidien et une avancée de la coopération transfrontalière. Négociée initialement comme un instrument régional, elle s’est transformée en un cadre légal applicable universellement pour la coopération en matière de ressources en eau transfrontalières suite à l’entrée en vigueur de certains amendements en février 2013, l’ouvrant à tous les États membres des Nations Unies. C’est aujourd’hui un complément effectif à la Convention des Nations Unies sur les cours d’eau, fournissant ainsi une voie supplémentaire dans l’atteinte des mêmes objectifs.

Ghana 16

Coopérant avec des partenaires majeurs tels que le WWF (le Fonds mondial pour la nature), l’IUCN (l’Union internationale pour la conservation de la nature) et le Centre IHP pour la réglementation, les politiques et les sciences de l’eau de l’Université de Dundee, Green Cross s’est engagé dans de nombreuses campagnes de sensibilisation et dans des collaborations avec des gouvernements pour faire la promotion de cadres légaux, de la coopération et d’une meilleure gestion des cours d’eau internationaux. Une vingtaine de pays a rejoint la Convention entre 2006 et 2015, le Vietnam devenant le 35ème pays à la ratifier – déclenchant ainsi l’entrée en vigueur de la Convention en 2014. Le réseau Green Cross et ses partenaires ont joué un rôle essentiel dans cette réussite. Le programme pour l’eau continue de promouvoir une gouvernance légale raisonnable en matière de ressources en eaux partagées et est en train de s’impliquer dans les étapes suivantes, telles que l’implémentation et la promotion, conjointement avec la Convention sur l’Eau de l’UNECE (instrument régional légal qui est désormais ouvert à tous les pays du monde).

Il existe environ 280 cours d’eau, dans le monde entier, qui sont partagés entre au moins deux pays – parmi lesquels on compte les bassins du Nil, de l’Amazone et du Mékong – et presque autant d’aquifères transfrontaliers (ces formations géologiques contenant des nappes phréatiques desquelles l’humanité extrait la plus grande partie de son eau douce pour l’agriculture, l’industrie  et l’utilisation domestique). L’utilisation, le partage et la protection de ces eaux sont clés puisque 60 % de l’eau douce mondiale coule dans des bassins transfrontaliers.

Si l’on considère la demande croissante en eau, la croissance démographique et la pression que subissent déjà les écosystèmes aquatiques, une meilleure gestion de l’eau sera absolument nécessaire pour un futur durable. Devoir coordonner la gestion de l’eau entre des pays limitrophes ajoute un niveau de complexité supplémentaire au défi, mais crée également de nouvelles opportunités.

Bolivia 5

Il existe ici un fossé important dans la gouvernance régissant les questions relatives aux eaux transfrontalières. Seulement 40 % d’entre elles font l’objet d’un accord de coopération entre des gouvernements et 80 % des accords existants ne traitent pas le sujet de la durabilité, sont obsolètes ou n’incluent pas tous les pays partageant un même cours d’eau.

Beaucoup d’améliorations doivent être apportées aux cadres de gouvernance relatifs aux bassins transfrontaliers ainsi qu’à la transformation de ces cadres en une gestion, une protection et une utilisation durables des bassins hydrographiques. Green Cross a commencé, il y a presque vingt ans maintenant, à promouvoir une gouvernance légale mondiale via la ratification de la Convention des Nations Unies sur les cours d’eau. La Convention a été négociée pendant plus de trois décennies et a été adoptée par plus de 100 pays lors de l’Assemblée Générale de 1997. Elle posa des principes fondamentaux en termes d’utilisation durable et équitable, de gestion et de protection des cours d’eau internationaux. Pourtant, de nombreux États n’ont pas ratifié rapidement cet accord, historique, de gouvernance mondiale sur l’eau, pour différents motifs.